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> Rubrique psychologie
Les topiques de l'intime en famille - étude observatoire Vania
De quoi parle t-on en famille ? Et surtout de quoi ne parle-t-on pas ? Quels sont les sujets qui intéressent les enfants ? Et ceux que les parents aimeraient bien éviter ?

Pas de ça chez nous !

Sexualité, mort, maladie, divorce, complexes et argent : le quarté gagnant des discussions délicates (ou absence de discussion) en famille ! Avant de répondre, il faut souligner qu'un tiers des personnes interrogées a spontanément déclaré ne pas connaître de tabous en famille (33 %)? Transparence bien réelle ou uniquement « de façade » ?

Top one des non dits : la sexualité !

La sexualité demeure pour 37 % des personnes interrogées le sujet le plus délicat à aborder en famille avec un tiers des citations en premier (30% et 37% au total). La mort vient au second rang avec 15% des citations en premier (et 28% au total), reconstituant le duo traditionnel. Divorce, maladie, complexes et argent ne sont cités comme tabous au sein de leur famille que par environ une personne sur 10 et ce de façon stable quel que soit l'âge ou la parentalité du répondant.



Mais les parents savent aussi répondre présents !

Cette persistance des tabous n'empêche pourtant pas les parents de faire face à leurs responsabilités lorsque l'intégrité physique de l'enfant est en jeu et ce, malgré les idées reçues sur la démission parentale.

Eros et thanatos : les grand classiques !

Sexualité et mort : le couple infernal se reforme également lorsque l'on interroge les Français sur ce qu'il serait le plus difficile à admettre, à entendre dans la bouche de leur enfant.

Près de 8 personnes interrogées sur 10 craignent d'apprendre que leur enfant (ou éventuel enfant) prends de la drogue (77%). De plus, une bonne majorité d'entre elles (58%) redoute aussi les MST. Le thème de l'homosexualité atteint le troisième rang mais ne concerne par contre qu'environ une personne sur cinq et plus légèrement les hommes que les femmes et les parents que les non parents (20% pour l'ensemble des répondants, 22% des hommes vs. 18% des femmes, 22% des parents vs. 17% des non parents).

L'avis de Robert Neuburger, psychiatre.

Le sujet de la sexualité reste le plus cité. Ceci peut surprendre dans une ère de libéralisation de l'information où des émissions n'hésitent pas à montrer des scènes crues, où le cinéma n'est pas en reste et où la diffusion de matériel pornographique (magazines, vidéos et autres) est massive y compris dans des foyers bien-pensants où il sert à entretenir une sexualité monogamique qui risquerait de sombrer dans l'ennui. Et pourtant, cela reste un sujet manifestement tabou.

On peut d'autant s'en étonner qu'une des conséquences du mouvement soixante-huitard était une liberté sexuelle affirmée et affichée, et l'on voit sur certaines images de l'époque des enfants se promenant avec naturel au milieu d'adultes se livrant à une activité sexuelle. En fait, cette banalisation de l'information sexuelle semble avoir joué un rôle négatif sur les communications entre parents et enfants en ce qui concerne la sexualité : les parents ont actuellement le sentiment que les enfants ne peuvent que savoir ce qui est à savoir au travers des médias de telle sorte qu'ils n'ont plus besoin de se lancer dans des explications gênantes (pour eux !). C'est le constat que font nombre de thérapeutes et de pédopsychiatres. Ce n'est que sur l'aspect préventif qu'ils interviennent : MST, pilule etc? Les aspects plus sexués : plaisir, désir, masturbation, techniques sexuelles sont rarement voire pas du tout explicités puisque l'enfant est sensé les apprendre par d'autres médias. Les tabous sexuels semblent pour la plupart d'entre nous bien présents dès que le plaisir est en cause.

Quant à la mort, ce n'est pas un tabou à proprement parlé, c'est de l'embarras : que dire ? Encore faudrait-il que nous soyons tous au clair avec ce sujet. Là encore, si la mort est évoquée, elle est clivée des images terribles que nous apportent les journaux télévisés tous les jours. C'est souvent une image édulcorée qui est transmise pour "protéger" les enfants' et nous-mêmes !

On en reparlera quand tu seras grand !
Ces situations qui embarrassent (les parents !)

Au quotidien, les situations dans lesquelles les répondants s'imaginent les plus embarrassés face à leur (éventuel) enfant sont variées. Ainsi, seule l'expression verbale de ses sentiments pour son conjoint officiel ne provoque pas de gêne (92% des citations). La nudité et le fait d'être surpris aux toilettes sont rentrés dans le quotidien : en effet, près des deux tiers des personnes interrogées ne se sentiraient pas mal à l'aise devant leur enfant (respectivement, 62% et 61% de ni gênés ni mal à l'aise). Il demeure cependant qu'un tiers des Français estimerait cette situation au moins inconfortable. Une nette majorité des personnes interrogées se sentirait au moins mal à l'aise dans une situation blessant leur dignité en présence de leur enfant, que cette dernière soit atteinte par des insultes ou des réprimandes. Un répondant sur cinq serait même franchement honteux de se faire insulter devant son enfant (19%).

Maman, c'est qui le monsieur qui t'embrasse ?

Les situations les plus embarrassantes sont encore une fois liées à la sexualité : 9 personnes sur dix se sentiraient au moins mal à l'aise si surpris en plein acte sexuel (dont 40% de honteux) et l'éventualité la plus scabreuse est l'adultère avec près des deux tiers des répondants qui s'imagineraient honteux d'être surpris par leur enfant en train d'embrasser une autre personne que leur conjoint (64% et aussi 15% de mal à l'aise). Si le fait d'être parent ou pas ne semble que peu influencer les résultats, l'âge des répondants paraît au contraire être source de nuances. Ainsi si les trois quarts des moins de trente ans et des femmes (respectivement 73% et 70%) seraient franchement gênés et honteux d'être surpris en train d'embrasser une autre personne que leur conjoint, seule une courte majorité des plus de soixante ans apporte une réponse similaire. De plus, si la gêne et la honte semble s'amoindrir avec le temps la question elle-même devient plus difficile à envisager et près d'un quart (23%) des plus âgés de l'échantillon ne sait pas y répondre.

Géné ? Honteux ?... oui mais pourquoi ?

Les raisons de l'embarras de l'adulte face à l'enfant semblent complexes : en effet parmi les propositions faites aux répondants, aucune n'obtient un score tranché : néanmoins, l'embarras créé par sa propre pudeur et la crainte de créer des peurs chez l'enfant emportent l'adhésion d'une majorité des personnes (respectivement 60% et 58 % des personnes interrogées, parents ou non) interrogées sans que l'expérience concrète (la parentalité) ne modifie les réponses. Le fait de s'exposer à des questions encore plus embarrassantes ou le manque d'information sont rejetés par une courte majorité mais plus d'un tiers des Français et des parents considèrent tout de même valables ces deux hypothèses.

Quand les parents savent dépasser leurs limites

De plus, lorsque le bien être de l'enfant est véritablement en jeu, les Français, et parmi eux, ceux qui sont aussi des parents de façon encore plus sensible, savent mettre au second plan l'embarras engendré par leur pudeur pour être en empathie avec leur enfant. Ainsi, 58% des Français et 60% des parents d'enfants de plus de 15 ans (que ceux-ci soient à charge ou non) seraient plus gênés par la tristesse de leur enfant au cas où sa sexualité le rendrait malheureux que par l'affichage sans discrétion de son épanouissement sexuel (23% auprès de l'ensemble et 18% auprès des parents d'enfants de plus de 15 ans). Il demeure néanmoins que ce dilemme n'a pu être résolu par près d'une personne sur cinq, parent ou non (22%).

L'avis de Robert Neuburger, psychiatre.

L'enquête met l'accent sur la honte qu'éprouveraient nombre de parents surpris dans une condition ou une activité intime. On ne peut qu'approuver cette attitude qui, pour moi, relève plus de la réserve que de la honte. La plupart des parents ont la capacité de s'identifier à leurs enfants de par leurs souvenirs. Ils savent donc à que point il peut être dommageable pour des enfants d'être confrontés à une image envahissante de l'intime d'adultes qui leurs sont proches. On peut parler de viol psychique comme dans des cas qui m'ont été rapportés de mère qui, sous prétexte d'information, s'ouvrent trop généreusement sur des confidences concernant leur sexualité, voire de pères qui ont un peu trop tendance à se promener dénudés devant leurs filles pubères. L'adolescence est caractérisée par le fait de conquérir un territoire d'intimité personnel. Certaines attitudes parentales à forte connotation exhibitionniste peuvent avoir des effets plus désastreux que des parents trop secrets. Cette retenue souhaitée ne devrait pas pour autant être synonyme d'absence d'information en particulier sur la sexualité, mais on conçoit aisément qu'il s'agit d'une information adaptée aux besoins de l'enfant ou de l'adolescent et non d'une information imposée et surtout par des exemples "d'après nature"?
rédigé par Webmaster le 06/07/2007 à 09:43       Partager sur Facebook
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